COVID-19: le salarié asthmatique est-il vulnérable?

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Le Ministère de la Santé Luxembourgeois considère, à la date de ce post, que sont à considérer comme vulnérables au coronavirus les personnes vulnérables de plus de 65 ans ou celles qui souffrent déjà d’une de certaines maladies telles que le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les maladies chroniques des voies respiratoires, le cancer ou celles qui souffrent d’une faiblesse immunitaire due à une maladie ou à une thérapie

Quid des personnes asthmatiques ? En effet, de 5 à 10% de la population souffrirait d’asthme. Ce qui représente une part non négligeable de travailleurs salariés.

L’asthme est défini comme étant une maladie respiratoire caractérisée par une inflammation chronique des voies aériennes entraînant des remaniements durables de la structure de celles-ci.

En France, le Haut Conseil de la santé publique a, le 18 mars 2020,  dressé une liste des populations les plus vulnérables.

Dans cette liste, on retrouve les personnes ayant une pathologique respiratoire chronique.

Toutefois, le Haut Conseil de la Santé assure que ne relèvent de la liste des personnes les plus vulnérables que «les asthmes chroniques sévères». Ainsi, l’asthme n’est pas un facteur de risque de développer des formes plus sévères (…) s’il est bien contrôlé, notamment par les corticoïdes inhalés (Fédération Française d’allergologie).

Que faire face à un salarié qui souffre d’asthme (non sévère), en l’absence de certificat médical d’incapacité?

Le code du travail impose à tout employeur une obligation d’assurer la santé et la sécurité de ses salariés au travail. Dans cet esprit, l’employeur doit réduire les risques au maximum.

Il incombe donc à l’employeur de mettre en place des mesures préventives pour combattre sinon réduire au maximum le risque de contamination d’un salarié par le coronavirus.

Il convient dans un premier temps d’inviter les salariés à se manifester s’ils pensent être dans une des catégories à risque, et ce, dans le respect des règles de confidentialité et de rgpd.

Ensuite, il faudra dialoguer avec l’employé en question afin de trouver ensemble une solution optimale (cela peut aller de l’isoler des autres salariés, lui offrir une place de parking afin de s’assurer qu’il ne prenne pas des transports en commun jusqu’au télétravail, dans la mesure où cela est possible…). Il faut être pragmatique afin de réduire les risques au maximum.

De manière générale, dans le cadre de l’état d’urgence qui a été déclaré, il est conseillé aux employeurs de suivre toutes les recommandations qui permettent d’assurer la santé et la sécurité de leurs employés.

Si un employé ne peut pas refuser de venir travailler par simple crainte du coronavirus, il faut tout de même garder à l’esprit que l’employeur conserve potentiellement une responsabilité civile et pénale si une maladie grave devait toucher un de ses salariés du fait de sa négligence.

Ceci, sans parler de l’opprobre générale qui ne manquerait pas de s’abattre sur lui…

Rédaction: Me Cora MAGLO (20/03/2020)